Les bioplastiques, une solution durable qui avance à grands pas | Passion Céréales

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Dossier

Les bioplastiques, une solution durable qui avance à grands pas

Issus de matières premières végétales, biodégradables et compostables, les bioplastiques proposent une alternative au tout pétrole et s’imposent comme une solution d’avenir pour la gestion des déchets. Aujourd’hui utilisés dans de nombreux domaines, ils contribuent de manière concrète au développement d’une économie circulaire.


Sacs poubelle, couverts en bioplastique, coques de téléphone portable… Qui aurait imaginé, il y a quelques années, que ces produits de consommation courante et si répandus dans le monde deviendraient un jour synonymes de développement durable ? Grâce aux avancées réalisées dans le domaine de la chimie du végétal, les bioplastiques sont désormais une réalité qui transforme en profondeur le cycle « production-transformation-élimination » d’objets de plus en plus nombreux et diversifiés.

En effet, face aux nouvelles exigences environnementales et à la raréfaction des ressources fossiles, le développement de produits de substitution aux plastiques conventionnels (issus de la pétrochimie) est devenu, depuis une vingtaine d’années, un axe majeur dans la recherche d’alternatives au tout pétrole. Partant du principe que le carbone stocké par les plantes constitue la seule alternative au carbone fossile, les acteurs de la chimie verte ont mis au point des procédés permettant de produire des plastiques dits « bio-sourcés », c’est-à-dire fabriqués à partir des molécules de carbone présentes sous forme d’amidon dans les végétaux tels que le blé, le maïs et les pommes de terre.

Par nature, les bioplastiques possèdent des avantages qui les distinguent des plastiques conventionnels. Issus de matières premières renouvelables, ils sont 100 % biodégradables et peuvent être valorisés par des voies organiques telles que le compostage et la méthanisation. Cette aptitude apporte une réponse directe aux problèmes posés par la gestion de fin de vie des plastiques traditionnels, souvent source de nuisances et de pollution. Enfin, en permettant de réduire de 30 à 75 % les émissions de CO2 par rapport aux polymères d’origine pétrolière1, les bioplastiques contribuent activement aux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique.

À l’heure où la notion d’économie circulaire inspire de nouveaux modes de vie et de consommation, le cycle des bioplastiques offre un exemple concret de « valorisation en boucle ». Ce cycle commence par la terre, où les agriculteurs produisent les matières premières renouvelables d’où sera extrait l’amidon2. Les longues chaînes de molécules de l’amidon sont ensuite réorganisées pour donner naissance à des résines bioplastiques qui peuvent être mises en œuvre à échelle industrielle grâce aux procédés de plasturgie existants : extrusion, injection, soufflage, thermoformage…

Cette nouvelle génération de plastiques trouve sa place dans de nombreuses applications, des sacs poubelles aux emballages alimentaires et non alimentaires, des équipements électroniques (téléphones, ordinateurs…) aux produits d’hygiène ou à usage unique (cotons-tiges, couches culottes, vaisselle, couverts…), des accessoires agricoles (ficelles, godets, films de paillage…) aux pièces automobiles (boutons, poignées, pneumatiques…). Sans oublier l’impression 3D, technologie innovante et marché en plein essor où les bioplastiques jouent un rôle majeur (pour en savoir plus).

Une fois utilisés, les objets en bioplastique sont pris en charge par la filière du compostage. Leur transformation en compost permet d’obtenir un engrais de très bonne qualité organique qui est utilisé par les filières agricoles3. Tout en résolvant les problèmes liés à l’enfouissement de déchets plastiques non biodégradables (pollution) ou à leur incinération (émissions de CO2), ce retour à la terre conclut le cycle de vie du produit et favorise la croissance des végétaux qui, à leur tour, ouvrent un nouveau cycle… 

Au-delà du bénéfice environnemental, le développement des bioplastiques représente une réelle opportunité pour l’agriculture, l’industrie et les territoires. En une dizaine d’années, la capacité de production mondiale est passée de 500 tonnes à 400 000 tonnes en 2013, dont 250 000 tonnes en Europe, « et leur part de marché, qui devrait se situer entre 2 et 5 % en 2020, continuera de croître sous l’effet de la demande et de l’abaissement des coûts de fabrication », prédit Christophe Douki-de Boissoudy, président du Club Bio-plastiques4.

Figurant parmi les leaders européens de l’agriculture et de la chimie bénéficiant d’une avance technologique dans le domaine des bioplastiques, la France dispose des atouts essentiels pour prendre de solides positions sur ce marché d’avenir. Outre la création de nouveaux débouchés pour l’agriculture, son développement permet de préserver les emplois du secteur industriel de la plasturgie, fragilisés par des importations massives (70 à 90 % des sacs plastiques sont importés d’Asie). Enfin, le recours à une matière première agricole renouvelable d’origine française contribue à entretenir un tissu rural actif à travers la création d’activités de transformation, de distribution, de services…

 

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1. Évaluations portant sur l’ensemble du cycle de vie et selon les applications.

2. L’amidon extrait de la pomme de terre est aussi appelé « fécule ».

3. Le compost peut également être valorisé en tant que biomasse pour la production d’énergie renouvelable (méthanisation).

4. Association représentant l’ensemble des acteurs de la filière bioplastiques en France.